François JAKOBIAK
Consultant en information stratégique

Cours : Intelligence économique

 

Gérard Balantzian (GB) : "Qu'est-ce qui légitime l'enseignement de l'intelligence économique à l'université ?"
François JAKOBIAK (FJ) : "L'intelligence économique est légitimée par deux préoccupations majeures :
- La recherche d'une compétitivité élargie pour l'entreprise
- L'aptitude à l'innovation permanente.

L'optimisation et l'analyse de l'information publiée, éditée ou informelle mérite d'être pris en compte comme une richesse nouvelle."

 

GB : "Pourquoi l'intelligence économique présente t-il aujourd'hui un intérêt majeur dans l'enseignement du management des SI ?"
FJ : "Les techniques d'intelligence économique nous permettront d'aller beaucoup plus loin et de mieux connaître nos concurrents dans un monde en mouvement constant."

 

GB : "Ressentez-vous aujourd'hui un accroissement d'intérêt que nous devons porter au renseignement ?"
FJ : "La surveillance systématique des secteurs techniques qui a été lancée en France il y a environ 15 ans a permis, dans un premier temps d'utiliser les outils d'analyse statistique et de corrélation (pour les brevets, etc.) mais les entreprises ont rapidement été amenées à surveiller également le comportement de leurs concurrents et les protections et barrières mises à l'entrée d'un marché. En passant de la surveillance des techniques à la surveillance des acteurs, nous avons intégré la veille technologique et la veille concurrentielle dans une approche globale pouvant servir le management de l'entreprise. Nous l'avons baptisé la veille stratégique. A partir de 1993, le concept d'intelligence économique est apparu, souhaitant libéraliser avec l'activité économique ce qui a été mis en place dans un premier temps dans les grands groupes industriels, notamment les grands groupes d'Etat."

 

GB : "A qui s'adresse votre enseignement à l'IMI ?"
FJ : "D'abord la Direction générale, celle de la Stratégie et du Plan, celle du Marketing et la Recherche et Développement. Certes, la Direction des systèmes d'information qui est au service de la stratégie est concernée par mon discours en particulier au plan des outils à proposer à une direction générale pour faire face à ces défis."

 

GB : "Vous avez bien dit la DSI ?"
FJ : "Oui, la DSI a beaucoup à tirer de mon enseignement en comprenant les secrets de la démarche d'intelligence économique (captation des informations écrite ou orale, formelle ou informelle, nouveaux usages via internet, etc.)"

 

GB : "Vous portez une grande attention à la créativité et l'innovation."
FJ : "En effet, s'agissant de l'une des faiblesses de notre pays, je consacre à ce champ de réflexion une part significative de mon temps actuel et mes dernières publications le démontrent. Les américains ont pratiquement doublé en huit ans le nombre de dépôt de brevets. Il ne s'agit pas d'un hasard. La Chine, le Japon, le Moyen Orient se mobilisent en portant leur effort sur l'innovation. En Europe nous en parlons souvent mais notre carence sur le plan du pragmatisme ne nous permet pas d'être dans les premiers du classement mondial sur ce terrain."

 

GB : "Vous enseignez les outils d'aide à la créativité ?"
FJ : "Oui . Il y a peu de spécialistes et je compte les former. Nous devrons mener un combat en France pour généraliser l'usage de ces instruments et l' université peut être un excellent terrain de diffusion de ces connaissances et compétences. Il faudra plus de contacts entre les industries du secteur privé et l'université. Il y a énormément de travail à faire et malheureusement de nombreuses ressources de recherche ne mettent pas leur talent au service de l'industrie du pays par manque de pragmatisme."

 

 

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