Alain LAROCHE
Créateur et Directeur du cabinet de conseil et de formation en communication PERTINENCE

Cours : Pratique de la communication et Développement personnel

 

Gérard Balantzian (GB) : "Pour quelles raisons la communication et la gestion des ressources humaines sont elles actuellement une préoccupation centrale pour les managers ?"
Alain LAROCHE (AL) : "Je ne suis pas sûr que la communication soit une préoccupation centrale au sens étymologique du terme, c'est-à-dire au centre. Par contre elle est une préoccupation assez centrale car les besoins et les attentes des auditeurs de l'IMI ont changé depuis 15 ans. Auparavant ces derniers venaient chercher des méthodes et des techniques pour animer une réunion, améliorer l'expression orale ou écrite, etc. Aujourd'hui ils viennent prioritairement pour y chercher des solutions à un ressenti dans l'entreprise plus ou moins bien formulé.

Cela signifie que les rapports avec les collaborateurs, les utilisateurs, les actionnaires, les fournisseurs, la direction, s'inscrivent dans des situations génératrices de problèmes.

On peut l'expliquer de plusieurs manières différentes :
- un discours officiel comportant des doubles injonctions (on dit une chose et son contraire). Par exemple la performance de l'entreprise est une nécessité de groupe et en même temps la mesure de la performance s'effectue individuellement.
- on encourage la coopération et en même temps le cloisonnement des organisations.

De plus le choc des générations (les anciens qui partent et les jeunes qui arrivent) nous place devant de nouvelles préoccupations au plan managérial. En effet les jeunes générations ont plus d'exigences vis-à-vis de l'entreprise sur le plan de la contractualisation des relations humaines et expriment le besoin d'être respecté et traité, chacun comme un individu unique.

L'appartenance au projet, au service, au métier, engendre une loyauté mais celle-ci est plus éphémère compte tenu de leurs aspirations à la mobilité et la progression rapide de carrière. Le besoin de reconnaissance et d'évolution est très fort. Cette catégorie d'auditeurs que je retrouve en formation a donc une démarche plus personnelle."

 

GB : "Quelle nouvelle instrumentation proposez-vous dans votre enseignement à l'IMI pour répondre à ces attentes ?"
AL : "La différenciation de mon enseignement porte sur le questionnement au lieu d'enseigner des réponses chargées de certitudes. En effet il ne suffit pas de comprendre ce qu'il faut faire pour mieux communiquer mais il faut surtout cerner les motifs qui nous empêchent de communiquer comme il le faudrait. La démarche alliant la dynamique de groupe et le transfert croisé des connaissances permet de faire émerger des pistes de solutions et des propositions concrètes face aux attentes de l'auditoire.

L'appropriation de ces connaissances demande parfois une longue maturation. L'auditeur devient partenaire de la formation et de son apprentissage.

La mise en place d'accompagnement des managers que vous aviez initié abonde dans ce sens. Chaque auditeur devient donc acteur de son changement. L'attitude morale et éthique de l'enseignant est essentiel pour réussir ce défi."

 

GB : "Peut-on remplacer ce type d'enseignement par des didacticiels et une formation à distance ?"
AL : "Ces supports numériques présentent certes un intérêt dans le cadre de cours techniques mais dans le cadre des cours de communication, tel que nous les animons à l'IMI, ces outils atteindraient rapidement leurs limites. En effet la sophistication d'un support numérique ne peut pas remplacer la richesse et la spontanéité des interactions humaines en situation. Cela ressemblerait à un joueur de tennis s'entraînant seul contre un mur alors que son comportement serait différent en face de différents partenaires."

 

GB : "Quelle nouvelle dynamique de la communication dans l'entreprise un ingénieur doit-il prendre en compte ?"
AL : "La relation humaine est le principal point qui implique réellement l'individu. Une technologie peut être maîtrisée. Si celles-ci change, l'apprentissage s'effectue en fonction des situations d'évolution de ces technologies dans l'organisation. Or, dans les relations humaines, l'individu lui-même change. De plus, il n'y a pas de solution stable car il est lui-même en relation avec de multiples individus. Donc, nous sommes sur le terrain de la complexité et l'enseignement de cette dimension humaine, que vous avez introduit dès la fin des années 80 à l'IMI, est essentiel dans le domaine du management des systèmes d'information."

 

 

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