Contexte
En envahissant tous les domaines des activités humaines les
applications de l'informatique n'ont cessé de se multiplier et de
se complexifier. Dans le même temps, parallèlement,
la technologie informatique qui les supporte et permet leur développement
est devenue elle aussi tellement complexe que rares sont les spécialistes
capables, aujourd'hui, d'en dominer tous ses aspects. Pour les faire évoluer
il a donc fallu organiser les applications en blocs fonctionnels
et autonomes, mais interconnectés, en composants correspondant
chacun à une entité concrète ou à une création
de la pensée, et regrouper dans chacun de ces blocs, tout en les
isolant de l'extérieur par encapsulation, les structures d'information
de l'entité à laquelle ils correspondent et les opérations
sur ces structures. A ces composants, pour pouvoir plus facilement les
utiliser, sont associées une identité qu'ils conservent toute
leur vie et une interface dans laquelle sont décrites, sans donner
leur détail, les fonctions qu'ils peuvent remplir et le protocole à respecter
pour les utiliser. Chaque composant est donc une abstraction globalisante
d'un niveau de plus en plus élevé selon que l'entité qu'il
représente est de plus en plus complexe.
Cette modularisation par composants qui facilite la compréhension
et les modifications éventuelles d'une application, sans elle hypercomplexe,
est un des aspects de la systémique. Rappelons que pour la systémique,
un système est une représentation conceptuelle, un modèle,
donc un homomorphisme réduit, d'une entité, d'une organisation,
d'un objet, etc. Ce modèle doit être fonctionnel, complexe,
dynamique. Fonctionnel : lorsqu'il reçoit en entrée un certain
signal, il fournit, en sortie, un résultat identique à celui
qui aurait été obtenu dans le monde réel. Complexe,
mais cette complexité est réduite en structurant l'application à l'aide
de composants. Dynamique car le résultat est obtenu par interactions
entre les composants si bien que le système possède
des propriétés spécifiques différentes de la
simple somme de celles de chacun de ces derniers, "le tout y
est supérieur à la somme des parties" aurait
dit Aristote.
La systèmique est très utilisée en informatique,
qu'il s'agisse de systèmes d'exploitation, de systèmes d'information,
de systèmes de gestion des bases de données, ou d'autres,
mais elle a trouvé une place prioritaire dans ce que nous définirons
dans une première partie comme étant une approche
par objets/composants, approche qui s'applique à des domaines
aussi variés que celui de la conception et la réalisation
du Système d'Information (S.I.) ou à la modélisation
de l'entreprise. Dans une deuxième partie nous décrirons
d'ailleurs comment, dans le cadre du S.I., a été développée
une nouvelle génération de serveurs d'applications formés
de blocs fonctionnels et autonomes, mais intercommuniquant, donc de composants
au sens systémique, bien que, dans ce cas, ils soient plus généralement
qualifiés de niveaux (tier) et nous verrons comment, à l'aide
de ce que l'on peut considérer comme un Web Operating
System (WOS), ces serveurs facilitent notamment l'accès à des
services Web extérieurs à l'entreprise. Enfin, dans une troisième
partie, nous essaierons de montrer que la gestion moderne de l'entreprise
ne se conçoit plus sans avoir préalablement fait l'objet d'un
modèle d'entreprise (business model) ; qui étant à base
de composants, s'adapte facilement et aux changements et à l'utilisation
du WOS.
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